11.07.2006
Discours sur la Non violence - 19/06/07
Mesdames messieurs, monsieur le Maire,
Chers collègues, Monsieur le Président
Le 20 novembre 1997, l'Assemblée Générale des Nations Unies faisait de l'an 2000 l'Année internationale de la paix. Un an plus tard, pour répondre à l'appel des prix Nobel de la paix, elle déclarait à l'unanimité que la période 2001-2010 serait la « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde »
Par cette déclaration, l'ONU encourageait les peuples de la planète et leurs représentants à la promotion de la culture de la non violence et de la paix par le biais de l’éducation et de la sécurité internationale.
Avant cela, dés 1992, la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement des Nations Unies mettait en avant que la paix, le développement et la protection de l’environnement sont interdépendants et indissociables. Nous sommes aujourd’hui en 2006 à mi-parcours de cette décennie.
L’exposition « Dessine moi la non violence », présentée aujourd’hui en mairie du 20éme après l’avoir été au salon international des initiatives de la paix de juin dernier, s’inscrit dans ce cadre universel et international.
Chers collègues, Monsieur le Président
Le 20 novembre 1997, l'Assemblée Générale des Nations Unies faisait de l'an 2000 l'Année internationale de la paix. Un an plus tard, pour répondre à l'appel des prix Nobel de la paix, elle déclarait à l'unanimité que la période 2001-2010 serait la « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde »
Par cette déclaration, l'ONU encourageait les peuples de la planète et leurs représentants à la promotion de la culture de la non violence et de la paix par le biais de l’éducation et de la sécurité internationale.
Avant cela, dés 1992, la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement des Nations Unies mettait en avant que la paix, le développement et la protection de l’environnement sont interdépendants et indissociables. Nous sommes aujourd’hui en 2006 à mi-parcours de cette décennie.
L’exposition « Dessine moi la non violence », présentée aujourd’hui en mairie du 20éme après l’avoir été au salon international des initiatives de la paix de juin dernier, s’inscrit dans ce cadre universel et international.
Les visiteurs pourront y découvrir des thèmes aussi variés que l’éducation à la paix et à la non violence, la prévention et la résolution des conflits, le rôle des femmes dans la culture de paix, le contrôle des armes, les jeunes face aux violences de la société… Bref autant de sujets permettant de sensibiliser à la culture de non violence et de paix, de faire avancer les réflexions et de trouver des solutions pour enrayer la violence.
Il faut dire que dans cette époque d’après guerre, la recherche de la Paix reste un combat permanent, que se soit au niveau international qu’au sein de notre pays et de nos quartiers. Mais j’y reviendrai par ailleurs !
Alors qu’est ce que la non-violence ?
La non violence, c’est d’abord le respect de soi et d’autrui. Elle peut parfaitement se résumer par la formule « Ni hérisson ni paillasson », c'est-à-dire ne pas blesser, et ne pas se laisser piétiner.
Elle s’illustre classiquement par les nombreuses personnalités qui l’ont adoptées et utilisées.
Gandhi bien sur dès 1921, Martin Luther King pour la lutte des noirs américains contre la ségrégation, ou encore Nelson Mandela en Afrique du Sud.
En France, dés 1923 émerge la branche française du Mouvement International de la Réconciliation qui est sans doute le plus ancien mouvement non violent hexagonal.
Bien sur, il y eut ensuite des mouvements en faveur de la paix au moment de la guerre d’Algérie et à partir des années 70, le mouvement des objecteurs de conscience ou la lutte des paysans du Larzac qui ont particulièrement popularisé la non violence. L’expérience de ces nombreuses luttes a montré l’efficacité de la stratégie de l’action non violente.
Avant d’être une méthode d’action, comme peuvent l’utiliser des mouvements comme Greenpeace qui en ont théorisés le concept de Non-violence active, dont ce sont inspirés en particulier les mouvements antinucléaires dans les années 70 de Plogoff à la Hague, ou encore les faucheurs volontaires ou la Confédération Paysanne lors d’action de désobéissance civile, la non violence est une attitude.
L'attitude non-violente part donc du postulat que les situations de violence précèdent les expressions violentes et que l'injustice, et le refus de respecter son adversaire, sont les véritables sources de la violence. De ce point de vue, les non-violents récusent catégoriquement l'accusation de pacifisme.
On voit depuis une vingtaine d'années, le concept de non-violence évoluer vers la prise en compte de l'individu dans sa vie de tous les jours que ce soit à la maison, dans son quartier ou au travail…
La personne considérée dans sa relation à elle-même, à l'autre et à son environnement, est elle aussi invitée à gérer ses relations et ses conflits par les modes démocratiques du dialogue, de la négociation, de la médiation.
C’est, entre autre, dans cette optique qu’un Point d’Accès au Droit a été crée dans le 20ème arrondissement cette année, dont l’objectif est d’offrir gratuitement à tous et à toutes informations et consultations juridiques ainsi que l’accès à des médiations et des conciliations. Mieux informer pour mieux comprendre et permettre de résoudre les conflits dans le respect de la règle, de la loi et surtout de l’autre.
Pour revenir sur une actualité encore présente dans nos esprits, par ce qu’elle a eut comme retentissement, je voudrais dire un mot sur les émeutes de l’automne dernier.
Dans une société de plus en plus violente, et ces émeutes l’ont cruellement rappelé, elles ont permis de réactualiser le concept de la non violence, au regard de la compréhension du phénomène.
Il me semble que cette violence qui a embrasé les banlieues n’est pas un moyen d’action en soi mais doit être comprise comme un moyen d’expression. Elle apparaît comme le dernier mode d’expression à ceux auxquels la société a refusé tous les autres moyens de s’exprimer.
Il appartient à la société d’entendre cet appel.
Entendre cette violence, ce n'est pas la légitimer. C'est admettre qu'il est urgent de rétablir la communication, de créer des lieux de rencontre et de médiation pour que les exclus puissent se réapproprier leur destin par la parole et l'action non-violente.
Mais s’efforcer de comprendre la violence ne signifie pas « laisser dire et laisser faire ». Au contraire, comprendre la violence, c’est aussi l’interdire. Il faut donc répondre à la violence en tentant de rétablir la communication.
Le véritable défi lancé par ces violences à la société est de déconstruire cette culture de violence qui domine notre civilisation. Il appartient à tous les citoyens de s’investir dans la promotion d’une culture de la non-violence qui permette d’inventer des comportements et des méthodes qui permettent une résolution humaine des inévitables conflits humains qui constituent la trame de notre vie collective.
La tâche qui nous incombe aujourd'hui, élus, société civile, citoyens, associations, institutions, est de nous mobiliser pour se réapproprier les territoires qui ont été délaissés et de nous organiser pour construire un avenir délivré de la logique de la violence. Il appartient alors aux institutions d'investir prioritairement dans l'éducation aux méthodes de la non-violence pour réguler de manière constructive les conflits qui surviennent dans la société.
Cette exposition citoyenne qui nous est aujourd’hui présentée par l’association « Non-violence 21 », qui regroupe les principales organisations non violentes françaises parmi lesquelles on peut citer Génération Médiateurs localisée dans notre arrondissement, se veut un parcours de présentation de la non-violence, de ses raisons d'être, de ses méthodes, et de son efficacité.
C’est pourquoi je tiens à remercier chaleureusement monsieur le président de Non-Violence 21 et lui laisse volontiers la parole.
Merci !
Laurent Boudereaux
Il faut dire que dans cette époque d’après guerre, la recherche de la Paix reste un combat permanent, que se soit au niveau international qu’au sein de notre pays et de nos quartiers. Mais j’y reviendrai par ailleurs !
Alors qu’est ce que la non-violence ?
La non violence, c’est d’abord le respect de soi et d’autrui. Elle peut parfaitement se résumer par la formule « Ni hérisson ni paillasson », c'est-à-dire ne pas blesser, et ne pas se laisser piétiner.
Elle s’illustre classiquement par les nombreuses personnalités qui l’ont adoptées et utilisées.
Gandhi bien sur dès 1921, Martin Luther King pour la lutte des noirs américains contre la ségrégation, ou encore Nelson Mandela en Afrique du Sud.
En France, dés 1923 émerge la branche française du Mouvement International de la Réconciliation qui est sans doute le plus ancien mouvement non violent hexagonal.
Bien sur, il y eut ensuite des mouvements en faveur de la paix au moment de la guerre d’Algérie et à partir des années 70, le mouvement des objecteurs de conscience ou la lutte des paysans du Larzac qui ont particulièrement popularisé la non violence. L’expérience de ces nombreuses luttes a montré l’efficacité de la stratégie de l’action non violente.
Avant d’être une méthode d’action, comme peuvent l’utiliser des mouvements comme Greenpeace qui en ont théorisés le concept de Non-violence active, dont ce sont inspirés en particulier les mouvements antinucléaires dans les années 70 de Plogoff à la Hague, ou encore les faucheurs volontaires ou la Confédération Paysanne lors d’action de désobéissance civile, la non violence est une attitude.
L'attitude non-violente part donc du postulat que les situations de violence précèdent les expressions violentes et que l'injustice, et le refus de respecter son adversaire, sont les véritables sources de la violence. De ce point de vue, les non-violents récusent catégoriquement l'accusation de pacifisme.
On voit depuis une vingtaine d'années, le concept de non-violence évoluer vers la prise en compte de l'individu dans sa vie de tous les jours que ce soit à la maison, dans son quartier ou au travail…
La personne considérée dans sa relation à elle-même, à l'autre et à son environnement, est elle aussi invitée à gérer ses relations et ses conflits par les modes démocratiques du dialogue, de la négociation, de la médiation.
C’est, entre autre, dans cette optique qu’un Point d’Accès au Droit a été crée dans le 20ème arrondissement cette année, dont l’objectif est d’offrir gratuitement à tous et à toutes informations et consultations juridiques ainsi que l’accès à des médiations et des conciliations. Mieux informer pour mieux comprendre et permettre de résoudre les conflits dans le respect de la règle, de la loi et surtout de l’autre.
Pour revenir sur une actualité encore présente dans nos esprits, par ce qu’elle a eut comme retentissement, je voudrais dire un mot sur les émeutes de l’automne dernier.
Dans une société de plus en plus violente, et ces émeutes l’ont cruellement rappelé, elles ont permis de réactualiser le concept de la non violence, au regard de la compréhension du phénomène.
Il me semble que cette violence qui a embrasé les banlieues n’est pas un moyen d’action en soi mais doit être comprise comme un moyen d’expression. Elle apparaît comme le dernier mode d’expression à ceux auxquels la société a refusé tous les autres moyens de s’exprimer.
Il appartient à la société d’entendre cet appel.
Entendre cette violence, ce n'est pas la légitimer. C'est admettre qu'il est urgent de rétablir la communication, de créer des lieux de rencontre et de médiation pour que les exclus puissent se réapproprier leur destin par la parole et l'action non-violente.
Mais s’efforcer de comprendre la violence ne signifie pas « laisser dire et laisser faire ». Au contraire, comprendre la violence, c’est aussi l’interdire. Il faut donc répondre à la violence en tentant de rétablir la communication.
Le véritable défi lancé par ces violences à la société est de déconstruire cette culture de violence qui domine notre civilisation. Il appartient à tous les citoyens de s’investir dans la promotion d’une culture de la non-violence qui permette d’inventer des comportements et des méthodes qui permettent une résolution humaine des inévitables conflits humains qui constituent la trame de notre vie collective.
La tâche qui nous incombe aujourd'hui, élus, société civile, citoyens, associations, institutions, est de nous mobiliser pour se réapproprier les territoires qui ont été délaissés et de nous organiser pour construire un avenir délivré de la logique de la violence. Il appartient alors aux institutions d'investir prioritairement dans l'éducation aux méthodes de la non-violence pour réguler de manière constructive les conflits qui surviennent dans la société.
Cette exposition citoyenne qui nous est aujourd’hui présentée par l’association « Non-violence 21 », qui regroupe les principales organisations non violentes françaises parmi lesquelles on peut citer Génération Médiateurs localisée dans notre arrondissement, se veut un parcours de présentation de la non-violence, de ses raisons d'être, de ses méthodes, et de son efficacité.
C’est pourquoi je tiens à remercier chaleureusement monsieur le président de Non-Violence 21 et lui laisse volontiers la parole.
Merci !
Laurent Boudereaux
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