21.12.2007

Hors la loi pour aider deux collègues sans papiers

Les personnels de l'hôpital les Murets soutiennent financièrement deux collègues menacés d'expulsion. Ils risquent la prison et une amende.

(DR.)SANS PAPIERS, deux salariés de l'hôpital des Murets à La Queue-en-Brie sont aujourd'hui également sans travail depuis août et menacés d'expulsion. Autour d'eux s'est créé, au sein de l'hôpital et au dehors, un immense élan de solidarité qui les aide à subvenir à leurs besoins dans l'attente d'une décision préfectorale favorable. « Aujourd'hui, nous nous dénonçons, lance Laurent Boudereaux en souriant , parlant pour l'intersyndicale CGT, CFDT et SUD.

Nous enfreignons l'article L 622-1 du Code d'entrée et de séjour des étrangers en soutenant volontairement ces sans-papiers ! »

Ils sont passibles pour cela de cinq ans de prison et de 30 000 € d'amende. Mais, pour le personnel de l'hôpital, le soutien s'est presque imposé de lui-même : « Au-delà de la sympathie que nous pouvons avoir pour eux, la qualité de leur travail est unanimement reconnue au sein de notre établissement. »

Agé de 40 ans, l'un d'entre eux, d'origine malgache et vivant en Seine-et-Marne avec sa femme et ses deux enfants nés en France, était médecin dans son pays. « Ici, il a suivi une formation d'infirmier, a obtenu son diplôme d'Etat et travaille comme infirmier à nos côtés depuis 2002. L'hôpital a investi pour assurer sa formation et, aujourd'hui, il est ponctuellement remplacé par des intérimaires. Ce qui représente un coût global important », insiste l'un de ses collègues. L'autre sans-papiers est une jeune m ère âgée de 26 ans qui a rejoint son mari, en séjour régulier en France, en 2003, et travaille comme agent de service hospitalier depuis . Si son travail a toujours donné satisfaction, sa situation irrégulière la prive désormais de son emploi. Et les plonge tous deux dans une situation quotidienne dramatique. « Mon mari avait fait une demande de logement auprès de la préfecture, se souvient la jeune femme. Il y a quelques semaines, une lettre de la préfecture est arrivée à la maison, je n'ai pas pu l'ouvrir. J'ai attendu en pleurant que mon mari rentre. Il n'a pas compris pourquoi je ne l'avais pas ouverte mais j'avais peur. En fait, c'était simplement un courrier pour lui dire qu'il n'y avait pas de logement disponible. »

Ils interpellent le préfet de Seine-et-Marne

Pour leurs collègues, la situation est d'autant plus incompréhensible que le personnel en psychiatrie est difficile à trouver. Après avoir interpellé le préfet de Seine-et-Marne, où résident les deux familles, et de multiples personnalités politiques, le comité Solidarité Murets poursuit sa mobilisation. « Quand les lois mettent les gens dans des situations aussi aberrantes, nous ne pouvons pas les respecter, nous avons presque un devoir de désobéissance », conclut l'un des médecins présents.

Le Parisien Val de Marne

Fabienne Huger

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